Pradines et la guerre de Cent Ans

Cette guerre fut la principale cause de l'abandon du pèlerinage à l'église Saint-Martial.
L'invasion anglo-gasconne commença vers 1345 au nord et au sud, à l'ouest du Quercy. Les compagnies à la solde de l'envahisseur se rapprochèrent de Cahors et tentèrent plusieurs fois, mais en vain, de s'en emparer. Seul, le traité de Brétigny en 1360 l'obligea, malgré les protestations de l'évêque, de ses consuls et de ses habitants, à subir momentanément le joug de l'Angleterre.

Arnaud de Béraldi ne fut pas en reste dans cette lutte contre le parti anglais : il s'était enfermé, à la tête de ses gens d'armes, dans son fort de Cessac, où il attendait l'ennemi et veillait sur ses terres. Cette détermination égoïste ne plaisait guère aux consuls de Cahors, qui souhaitaient qu'il ait plus de dévouement pour l'intérêt public. Béraldi fit la sourde oreille. Bien lui en prit, puisque pendant l'été 1355, l'ennemi envoya un détachement pour s'emparer du château de Cessac et des deux châteaux de Labéraudie et Pradines où le seigneur de Labéraudie avait placé aussi une forte garnison. L'attaque fut repoussée et l'ennemi dut rentrer à Goujounac d'où il était venu.

Ce succès amena la réconciliation entre les consuls de Cahors et Arnaud de Labéraudie, puisqu'en février 1359, craignant une nouvelle offensive des bandes anglo-gasconnes, qui venaient de s'emparer de Catus, ils lui envoyèrent des hommes d'armes pour doubler la garde de son château de Cessac.

Un peu plus tard, le 8 mars 1360, le traité de Brétigny livrait le Quercy à l'Angleterre. Quand en 1369, le duc d'Anjou, frère du Roi de France, appela auprès de lui à Toulouse, la noblesse de la province, Arnaud de Labéraudie fut un des premiers à le rejoindre. Le duc le récompensa en le nommant capitaine du château de Najac, en Rouergue, avec vingt-neuf écuyers. La ville de Cahors, fut aussi dans les premières à se déclarer pour le roi de France.

Quelques mois plus tard Arnaud de Labéraudie prend part, à la tête d'un corps de troupe à l'attaque de Sénaillac-du-Causse, d'où le Sénéchal du Quercy voulait chasser les compagnies anglaises qui s'en étaient emparé. La tentative échoua et une expédition menée en Haut-Quercy pour essayer de reprendre Thégra, n'eut guère plus de succès. En même temps, il emprunte de grosses sommes pour la solde de ses troupes et les frais des expéditions.

En reconnaissance des services rendus, les consuls de Cahors, l'exonèrent en 1374 de la taxe d'imposition pour la garde de la ville, afin qu'il puisse employer la somme à réparer les fortifications de ses châteaux de Labéraudie et Cessac. En 1385, les consuls de Cahors, l'exhortaient à faire bonne garde dans ses châteaux et lui fournirent pour défendre Labéraudie, quarante-deux soldats, sous les ordres de Guiscard Ébrard, qui résista et sut repousser l'ennemi. Arnaud mourut sans avoir vu la paix revenue en Quercy.
En 1388, succédant ainsi à son père, Géraud de Labéraudie rendit hommage au nouvel évêque de Cahors, François de Cardaillac (1388-1404) pour ses fiefs de Pradines et autres lieux.

En effet, les Anglo-gascons, un moment surpris par la révolte des gens du Quercy, par la dénonciation du traité de Brétigny, ne tardèrent pas à reprendre l'offensive. Ils s'emparèrent de nouveau de quelques places d'où on les avait chassés et s'avancèrent vers Cahors, qui de son côté se défendit avec la même ardeur et le même succès qu'autrefois.

L'ennemi ne recula devant aucun moyen pour vaincre la résistance de Cahors : malgré une trêve conclue, il se saisit par surprise en 1403 du château et de la presqu'île de Cessac. Il y établit un camp retranché, garni de nombreuses troupes, qui pillaient et rançonnaient le pays alentour. Il fallut, trois années après, verser la somme de 6000 livres pour l'en déloger. Mais en 1419, le seigneur de Montferrand, qui commandait pour le roi d'Angleterre, au mépris du traité conclu entre lui et les consuls de Cahors, s'empara de Douelle et de Cessac.

Pradines se trouvait, de par sa situation, continuellement exposée aux tentatives anglo-gasconnes. En 1423, ils s'attaquèrent aux deux châteaux, celui de l'évêque et celui du seigneur de Labéraudie. Les troupes, renforcées par les consuls de Cahors, les repoussèrent. Nouvelle attaque le 18 octobre 1424. Les troupes des deux forteresses, aidées par des renforts envoyés par la ville de Cahors, repoussèrent les assaillants en leur infligeant des pertes sensibles.

Pradines, assiégée par quatre fois, fait partie des rares places du Quercy qui ne tombèrent jamais aux mains des bandes armées. En 1442, les dernières compagnies quittent le pays, qu'elles laissent dépeuplé et ruiné par plus d'un siècle de guerre.