Les évêques de Cahors, seigneurs de Pradines

En 1090, l'évêque Géraud III de Cardaillac (1083-1112) avait donné par testament les revenus de sa villa de Pradines au Chapitre qu'il venait de réformer avec l'aide et les conseils de saint Hugues de Cluny. Cette donation fut ratifiée l'année suivante par le pape Urbain III.

A la fin du XIIIe siècle, l'évêque Raymond de Cornil (1280-1293) donne à l'écolâtre Jean de Guisbert l'église de Piquecos (Tarn-et-Garonne) en échange de celle de Saint-Martial, qu'il attache à sa mense. Le motif officiel est que les revenus de Piquecos sont plus élevés que ceux de Saint-Martial. L'église de Pradines passe donc sous la dépendance directe de l'évêque qui rattache ainsi l'église aux terres qu'il possédait déjà : ce n'est donc pas seulement par intérêt pour l'écolâtrerie de sa cathédrale que Raymond de Cornil demanda à faire cet échange et voulut assurer à ses successeurs la possession de l'église de Pradines. Depuis le XIe siècle les évêques de Cahors possédaient à Pradines, une maison de campagne où ils venaient se reposer.

 

Pradines, résidence des évêques

Vers la fin du XIIIe siècle, ils firent bâtir un château. C'est peut-être la construction de cet édifice qui fut cause que Raymond de Cornil transporta sa résidence rurale à Mercuès, où il séjournait d'ordinaire. Ses successeurs ne l'imitèrent pas et ce n'est qu'au XVIe siècle qu'ils décidèrent de se fixer définitivement au château de Mercuès, situé à quelques kilomètres de là, sur l'autre rive du Lot. Les évêques de Cahors ont séjourné plus de dix siècles à Pradines.

Dès que le château qu'ils avaient fait construire fut terminé, ils s'empressèrent d'aller y habiter. En 1304, le mardi avant la fête de la Sainte-Catherine, l'évêque Raymond de Pauchel (1300-1312) signait au château-neuf de Pradines, in Castro novo de Pradinis, une transaction qu'il venait de passer avec l'abbé de Sarlat et le prieur de Calviac (paroisse qui appartenait à l'époque au diocèse de Cahors). Ils étaient seigneurs temporels et hauts justicier de la châtellenie. On comprend dès lors, que Raymond de Cornil ait tenu à rattacher à sa mense, l'église paroissiale d'une terre qui en relevait à tous les autres titres.