Quelques éléments d'histoire de Pradines

Une origine lointaine et méconnue

Peu de matériel d'époque préhistorique a été livré à ce jour. Des sites à tegulae (tuiles à rebord) et des monnaies romaines découverts aux 18-19e siècles restent mal localisés. Selon l'historien Lacoste et l'abbé de Fouilhac, un vigneron aurait déterré un trésor de l'époque gauloise, constitué de 3 à 4000 pièces de monnaies de Victorin et de Tetricus, vendues à un chaudronnier. Une monnaie d'or d'Anastase est également à signaler. Au lieu dit Marthre, près d'un chemin descendant vers le Lot, un site avec tegulae, poteries communes et petit bronze du bas empire a été découvert. A Flaynac, dans un champ face à l'entrée du cimetière, on a retrouvé la présence de fragments de tuiles à rebord, de céramiques sigillées et de poteries communes, témoins d'un établissement gallo-romain. A Flottes, des tombes en coffre du IVe-Xe siècle ont été mises à jour. Un autre établissement gallo-romain mal identifié est connu au Pigné.

L'origine de Pradines reste assez obscure, d'autant que les documents d'archives qui y font allusion sont rares et que les auteurs qui ont écrit sur l'histoire du Quercy, n'en disent que quelques mots.

Le nom de Pradines semblerait assigner à ce village une origine gallo-romaine : ce nom serait une abréviation de deux mots latins, Praddinae terrae désignant une prairie. D'autres études le confirment : on désignerait avec Pradinas, un terrain couvert de près ; les descendants du latin pratum désignent le pré, la prairie dans le domaine occitan ; quant à Pardinas il est associé à la présence de murs délabrés ou de ruines.  Selon René Prat, le nom de Pradines désigne des prairies de seconde qualité. Voir : Les noms de lieux de Pradines.

Au lendemain de la conquête romaine, de riches habitants, devenus citoyens de Rome édifièrent probablement dans ces prairies situées aux portes de Cahors, une ou deux somptueuses villas, dont on pouvait encore voir les ruines aux XVIIe et XVIIIe siècle. De nombreuses médailles et monnaies furent également découvertes datant de 170 à 270 après J.C. Une légende rapporte que l'un de ces notables fut converti au christianisme par le premier apôtre du Quercy, saint Martial. L'église qui porte le nom du saint, aurait été bâtie à l'emplacement de cette maison. Pradines devint un lieu de pèlerinage et durant plusieurs siècles, les pèlerins y venaient en grand nombre. Des hommes d'armes reçurent l'ordre de les protéger des malfaiteurs.

Durant le haut Moyen Age l'Histoire reste muette au sujet de Pradines et ne mentionne pas son nom. Sans doute ce modeste bourg dût être saccagé tour à tour, comme Cahors sa voisine, par les Vandales (277 et 407), les Goths (414), les Francs conduits par Théodobert, fils de Chilpéric en 574. 

Le plus ancien document qui cite Pradines et Flaynac, est le testament d'un archidiacre de Cahors nommé Benjamin et daté de 945 ; il fait donation d'une grande partie de ses biens, dont l'église Saint-Martial à Pradines et ses revenus, au Chapitre de la Cathédrale. Depuis très longtemps, les évêques de Cahors possédaient, à Pradines, une maison de campagne et vers la fin du XIII° siècle ils firent bâtir un château fort et l'habitèrent jusqu'au XVI° siècle, avant de décider de se fixer au château de Mercuès.

En 1246, l'évêque Géraud, pour se libérer des importantes dettes qu'il avait contractées, céda à un certain Arnauld Béraldi les fiefs de Pradines et de Cessac, mais garda son droit de justice. Le banquier Béraldi appartenait à une ancienne famille de cahorsins, qui a donné son nom au proche village de Labéraudie où il avait des biens très importants.

Pendant la guerre de Cent ans, les grandes compagnies anglo-gasconnes firent quatre fois le siège de Pradines, mais celle-ci ne tomba jamais entre leurs mains. EIles laissèrent cependant un pays ruiné.

En 1470, l'évêque de Cahors, Antoine d'Alamand donna ses coutumes aux habitants de Pradines. L'église fut reconstruite. Avec la Révolution, le clocher fût démoli, les biens ecclésiastiques vendus aux enchères et partagés entre les habitants.

En 1850, l'agriculture semble être le revenu essentiel de la commune, puisque ne sont mentionnés qu'un moulin à vent et deux tuileries. A Labéraudie et à Pradines, où le sol est le plus riche, on cultive du tabac, du maïs, des légumes, du froment. A Flaynac, il y a aussi du tabac, de « belles moissons », des bois et aussi des vignes, des arbres fruitiers, et on cultive des melons. Flottes, quant à lui, possédant des terrains calcaires sensibles à la sécheresse, exploite des vignes, des bois de taillis, du maïs et du froment.

Les limites de la commune ne furent arrêtées qu'en 1860 : il avait fallu plus d'un demi-siècle pour régler un point litigieux avec la commune de Douelle, dont un côté de rue et des terrains situés au sud faisaient partie de Pradines. La commune est divisée en quatre sections : Pradines, Labéraudie, Flaynac, Flottes.

Un document de 1880 présente une commune essentiellement agricole, vivant dans une relative aisance. Cette situation se maintint jusqu'à la fin du XIXe siècle, mais la population diminua, attirée par la ville et le travail qu'on y trouvait alors. La crise du phylloxéra en 1876-1877 ne fit qu'accentuer ce problème ; de 1300 habitants en 1836, la population passe à 1120 habitants au recensement de 1876. Il est fait état  d'une commune sans mairie, sans maison d'école, ni logement pour l'instituteur.

 

Un grand merci à Claude Lufeaux et Philippe Deladerrière pour cet historique très documenté sur la commune de Pradines.